Un tapis de feuilles ondulait sur l'onde pure... Samedi matin, le temps était clément, pas de pluie..., pas de vent..., les premiers rayons de soleil se frayaient timidement un passage entre les branches des arbres centenaires, quelques oiseaux gazouillaient...
Les dernières gouttes de rosée se laissaient glisser délicatement au sol, un mince tapis de feuilles ondulait sur le lavoir du Golven.
Le silence était d’or, le moment était unique, le cadre magique…
Heureusement, j’avais un peu d’avance... l l
Les puissantes racines du sureau conduisaient inéluctablement le muret à l’éboulis (photo avant la dépose du mur).
Quelques minutes plus tard… des voix se faisaient entendre et devenaient de plus en plus proche, de plus en plus nombreuses, le silence allait être rompu par une quinzaine de personnes. l
Bonne pioche pour le jour ''J'' !
C’était en effet le jour ''J'' pour le premier coup de pioche, sur le chantier du Golven. Comme nous l’avons déjà souligné dans le précédent article, la fontaine, le lavoir et le mur d’enceinte, vont être l’objet d’un vaste chantier de restauration à l’ancienne. l
Sous les premiers rayons de soleil...
Ils vont subir durant des mois une magistrale cure de jouvence pour se retrouver à nouveau en état, tel qu’ils étaient au XV ème siècle. Le temps ou les villageoises parées de leur coiffe, venaient y laver le linge et commérer par la même occasion ! l l
Ce temps est maintenant révolu.
Au terme d’une réunion d’information et de sensibilisation, à ce jour, quinze personnes (et pas que des Lanloupais), avaient revêtu << les côtes de travail >> pour œuvrer bénévolement à la restauration du patrimoine. l
Le muret démonté, le sureau a été déraciné.
En ce samedi 24 novembre les volontaires se plaçaient sous la direction de Yann Chancerel, (devenu Maître d’œuvre pour la circonstance) qui par son expérience et son savoir-faire, en restauration à l’ancienne, devra guider ses troupes tout au long de ce chantier, et veiller dans les moindres détails qu’aucun impair ne soit commis, afin de restituer un travail à l’identique, réalisé avec les techniques d’autrefois. l
Et pas sans mal...
A gauche de la fontaine, un sureau a poussé dans les entrailles du vieux mur. Ses puissantes racines écartaient petit à petit sa structure et le conduisaient inéluctablement à l’éboulis.
La raison du plus fort, est toujours la meilleure...
Le travail primaire de cette journée consistait à sécuriser le chantier en le débarrassant de toutes les pierres qui jonchaient le sol, afin de pouvoir œuvrer aisément. Pour cette cause, le lavoir a été vidé et rempli des pierres calibrées en quatre catégories : les panneresses, les boutisses, les cales et les clouets. l
Le lavoir fait office d'entrepot de stockage.
La zone d’action sécurisée, il a été ensuite procédé au démontage du mur jouxtant la fontaine, chaque pierre ayant été là aussi classée comme il se doit et entreposée dans le lavoir. Elles seront ainsi très vite reconnaissables le moment venu des réhabilitées. l
L'auditoire, très attentif... aux conseils de Yann Chancerel.
Lors d’une précédente tentative de reconstruction, une ouverture de porte avait été murée.Mais, toujours dans un souci de restaurer à l’identique, elle a de nouveau (quelques coups de pioche plus tard), retrouvé son ouverture d’antan. l
Cours pédagogique :explications de l'Art et la Manière de poser des pierres...
Au premier son de cloche marquant l’angélus, toute l’équipe après avoir achevé de nettoyer le chantier, a écouté Yann dans un cours de géologie de manière à comprendre l'articulation de la disposition des pierres dans un mur qui ont chacune un rôle essentiel de résistance mécanique.
Une prochaine rencontre sera bientôt organisée à la même heure en ce même lieu, pour poursuivre les travaux. l
LANLOUP : Un petit village très attaché à son patrimoine.