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6 juillet 2007 5 06 /07 /juillet /2007 19:22


GENEALOGIE
 
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                   LES ARCHIVES SUR CD ROM 

Lanloup petite commune des Côtes d'Armor dotée de 261 habitants, est bien connue en Europe à travers ses anciennes archives. 

La commune peut ainsi se vanter de détenir un record, en possédant le plus vieux registre de baptêmes de l’ancienne Europe. 

Mme-MEURZEC.JPG                                                  Maryvonne Meurzec, une passionnée d'histoire.


C
’est une Quinocéenne (native de Saint-Quay Portrieux), Mme Maryvonne Meurzec, qui a traduit ce vieux registre datant de 1467 (date probable d'ouverture).
Passionnée de généalogie, Maryvonne a voulu se perfectionner dans ce domaine et n’a pas tardé à prendre des cours de paléographie, pour déchiffrer les précieuses écritures retraçant tant bien que mal, une grande partie de notre passé.
Durant trois ans, Maryvonne a suivi des cours aux Archives Nationales de Paris, qui ont d’ailleurs restauré notre beau registre.
Par la suite elle est devenue membre du Centre de Généalogie des Côtes d’Armor (le CG 22) où bénévolement, durant des années de mairie en mairie elle a décortiquée les différentes archives (baptêmes, mariages, décès), pour les rendre accessible à tous. 
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lanloup-registre.jpg
                        Encore une page d'histoire, issue du registre de 1467, l'une des plus belle.
La semaine passée, Maryvonne Meurzec, accompagnée des membres de CG 22, dont certains ont également œuvré sur les relevés de registres : Jean-Paul Le Bloas, président de l’association ; Marie Boucher, trésorière ; Guy Mahé, responsable informatique ; Robert Rohon, Jean-François Guillou et Marie-Antoinette Espinousse, ont remis à la mairie de Lanloup le fruit de leurs travaux, gravé sur CD ROM.
Pas moins de 3798 actes de naissances, de 1472 à 1906 ; 748 actes de mariages de 1592 à 1906, et 2343 actes de décès de 1635 à 1906, peuvent ainsi être rapidement consultés.
Les services des Archives Départementales des Côtes d’ Armor, ont développé de nombreux efforts à la numérisation de leurs archives, qui sont bien sûr consultables en ligne, avec une marge légale de discrétion de cent ans. 


Mon article concernant notre vieux registre vient de paraître dans la revue de généalogie Finistérienne ''SOUCHE''. Merci aux initiateurs !

copy_of_7.jpg                                                                Un bien beau livre d'histoire...

Il y a prés de Paimpol, en la paroisse de Lanloup une petite église de granit qui à travers les âges a su conserver un fragment de la mémoire de son village.

Si aujourd’hui, la sauvegarde du patrimoine est une préoccupation majeure, ici comme là-bas, ce ne fut pas toujours le cas.

Bien des édifices oubliés sous les ronces, rongés par le temps faillirent disparaître, transformés parfois en carrières.

La volonté de quelques uns, amoureux de leur village, voulant faire revivre quelques traces du passé en décidera autrement.

Alors, pierre après pierre, ils ont rebâti, qui une chapelle, qui un moulin ou un joli manoir. 

Le maçon de ses mains, reconstruit le mûr effondré et l’édifice se dresse de nouveau face au regard des hommes. Mais qui donc fréquenta ces lieux il y a tant et tant d’années ?
 
Laissons Jean-Yves ROLLAND nous conter l’histoire d’un des registres les plus anciens de notre patrimoine. A travers le temps, l’encre magique laissée par la plume dira de nouveau les noms oubliés.
 
Yannick Lenouvel
Adh.0311

Pour plus d'informations sur le registre de Lanloup suivre ce lien.

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Published by JEAN-YVES ROLLAND - dans GENEALOGIE
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4 janvier 2007 4 04 /01 /janvier /2007 20:01

Sonne, Sonne, Sonne... !!!

 

 

 

 S’il est un témoin de la vie de chacun de nos villages, un symbole de nos régions, par son architecture, sa taille, son élégance, ses matériaux, il s’agit bien de notre clocher.

 

 

 

A la sentinelle qui veille sur ses ouailles, il fallait une voix pour porter plus loin son message…

Photo fonderie de Villedieu-les-Poêles

Bonjour, Hotline de la généalogie à votre service !

Les relevés des registres paroissiaux sont parfois laborieux, mais ils nous réservent des surprises. La tâche, sans jamais devenir lascive pour des amateurs passionnés, entraîne un certain automatisme. La régularité du recteur dans la rédaction des actes de baptême, de mariage, de décès guide deux cent quarante et un ans plus tard nos doigts sur le clavier de l’ordinateur.

 

Ici un prénom insolite attire mon attention. Le recteur a baptisé ce dix sept août mil sept cent soixante quatre, Amateur Salmon. La calligraphie de notre bon curé me fait quelquefois hésiter avant d’inscrire, à nouveau, l’extra ordinaire prénom dans nos registres.

 

Comment lever ce doute ? Le cegenceb met désormais à notre disposition une liste de discussion sur Internet afin de faciliter nos recherches. Au risque de passer pour un novice, il faut se lancer et envoyer un email. Le travail d’équipe est toujours plus constructif et il y a toujours un « pro » qui guette dans l’ombre, prêt à répondre.

 Une « hotline généalogique » en quelque sorte. Le message est lancé, quelques minutes plus tard, déjà, plusieurs réponses confirment l’utilisation de ce prénom et en ajoutent d’autres aujourd’hui disparu de notre calendrier: Esprit, Sénateur, Tranquille …autant de prénoms qui témoignent aussi de l’imagination de nos aïeux face à la multitude de Mathurinne, Joseph et nombreuses Perinne.

 

 Anne un beau Bébé de dix huit cent livres !

Sans se laisser distraire, il faut poursuivre les relevés, une nouvelle page du registre apparaît sur l’écran. Le regard guide les doigts et l’habitude nous fait presque instinctivement choisir la bonne rubrique du logiciel de saisie.

 

Baptêmes, promesses de mariages, mariages ou sépultures, tient, j’hésite, celui-ci est différent plus long à première vue : Un baptême, un marquis, un Monseigneur illustrissime et révérendissime, un prénom Anne. Allez je ne vous fais plus languir et vous laisse découvrir l’acte de baptême d’un beau bébé de ….. dix huit cent livres !

 

 

 

 

 Photo BOLLEE ORLEAN

Le vingt six septembre mil sept cent soixante quatre en vertu de la commission à nous adressée par Monseigneur l’illustrissime et révérendissime Jean Joseph de Fogasse de la Bastie évêque et Seigneur de Saint Malo conseiller du Roy et en date du Vingt et un juin mil sept cent soixante quatre signé Jan Jos Ev de St Malo et plus bas par Monseigneur Janvier.

 

La grosse cloche de cette église de Mauron nommée Anne pesant environ dix huit cent livres, fondüe le quatorze juin de la présente année par le Sr Guillaume père a été bénite par nous soussigné Missire René Augoin recteur de Mauron a été parrain très haut et très puissant Seigneur Messire Charles François René Dandigné chevallier Marquis de la Châsse Baron de Mauron Chapelain de St Jan Seigneur de la Sorais de la Ville harte, la Havais , Mauny, Les Vergers et autres lieux conseiller au parlement de Bretagne.

 

A été marraine Dame Anne Joseph Le Guenec de Treveran Dame Dunoday. Signé : Le Guenec Du Noday D’andigné de la Châsse Ferré De la Châsse De Grand champs Leguennec de Treveran Vétil (procureur fiscal) Délégation : Rolland Dunoday Bonamy Xphe Poignet curé Manchart prêtre Piraud diacre Augouin recteur

 

Source AD 56: 127_1MiEC_127_R08_0031

 

 

60 cloches composent le carillon de la Basilique BUGLOSE (St-Vincent-de-Paul Landes)

 

  L’art Campanaire

 

Selon les historiens, en occident, se sont des moines qui utilisèrent les premières cloches de bronze dans leurs monastères. Divers documents du 5éme siècle témoignent de l’activité de ses moines fondeurs. Si le principe de fabrication est resté le même, c’est entre le 7éme et le 11éme siècle que la forme et les procédés furent améliorés et qu’apparurent les premières grosses cloches (plusieurs centaines de kg).

 

La maîtrise de la fonte des cloches, activité exclusivement réservée aux monastères, va cependant se répandre grâce à des fondeurs itinérants. Ils porteront aussi le nom de saintiers.

 

Vers la fin du 18ème siècle, les saintiers se sédentariseront et créeront de véritables fonderies. La Lorraine en fera une spécialité et les noms de fondeurs renommés sont encore gravés sur des cloches au-delà de nos frontières. Une ancienne cloche de la tour penchée de Pise porte la marque d’un Lorrain.

 

 Un peu plus modeste... 

 le clocher de LANLOUP (photos Jean-Yves ROLLAND)

Des querelles de clocher.

 Suspendue au faîte du clocher, ses sonnailles vont rythmer la vie religieuse des villageois et le travail des champs à une époque ou l’horloge n’existe pas. Ici, elle avertit de l’approche des brigands. Le tocsin annonce l’imminence d’un danger. Sous Louis XV, le tocsin appela les villageois à poursuivre les faux-sauniers armés ; mais parfois, il retentit en leur faveur.

 

En 1717, une de leurs bandes s’était réfugiée dans une paroisse qui leur était favorable ; les habitants résistèrent aux gardes et aux employés des Fermes ; ils en tuèrent un et en blessèrent plusieurs. L’intendant les poursuivit, les condamna sévèrement et comme ils avaient sonné le tocsin contre les gardes du roi, « il ordonna que les cloches seraient descendues et fouettées par la main du bourreau » Sentence qui fut exécutée et l’honneur du village touché à travers ce châtiment collectif.

 

Là, on lui prête le pouvoir de chasser l’orage. Plus le son est grave plus son pouvoir doit être efficace. Tel village ayant une cloche à la voix plus mâle se vante d’avoir éloigner la grêle.

Mais l’orage éclate sur la cité voisine et voilà une querelle de clocher qui pourrait trouver là l’origine de cette expression. Bien plus tard, on interdira des sonner les cloches durant l’orage. Les vibrations émises auraient pu tout au contraire attirer la foudre !

 

 Des mises en garde.

A force d’annoncer nos peines nos peurs et nos joies, la cloche parfois se brise ; Sa voix se casse. Elle sonne faux. Il faut alors la refondre. C’est peut être l’occasion d’en acquérir une plus grosse ? On fait appel au fondeur de cloche. Comment transporter une charge aussi lourde ? Le fondeur s’installe bien souvent tout prés de l’église voire à l’intérieur comme en témoigne la plainte de se recteur de Sologne pas assez vigilant.

 

 

« « et ce pour demander pardon à Dieu et faire une --- de réparation publique a Notre Seigneur le Christ pour les irrévérences commises en sa présence dans l'église pendant tout le tems qu'on a été obligé d'y travailler pour la fonte des dites cloches, ainsi que j'en avois averti le matin au prône de la messe parroissiale, ce que j'ai cru être obligé de faire après avoir veu de mes yeux et entendu de mes oreilles ce qu'il n'étoit pas permi ni de faire ni de dire dans le lieu saint ; pourquoi je prie très humblement tous mes successeurs qui voudront bien lire cecy, de faire une --- attention qu'il ne convient nullement de faire jamais aucune fonte de cloches dans l'église ni même dans le cimetière à cause des inconvénients qui en peuvent arriver pour les offencemens des morts et des irrévérences extraordinaires qui s'y commettent et qu'il est presqu'impossible d'empêcher ; et deplus qu'autant qu'ils le pourront ils ne se meslent que très peu de ces fontes, et tout ce qui peut y avoir rapport, parceque quelque bonne intention qu'ils puissent avoir et de quelque manière qu'ils s'y conduisent, ils ne contenteront jamais tout le monde,… » »

 

 

                                                        Photo Fonderie BLONDEAU

Le secret du feu et des alliages.  

Le saintier, maître fondeur connaissait les secrets du feu et des alliages. Les plus réputés créaient de véritables oeuvres d’art. Voici une de leurs techniques.

 

Le moule intérieur est fait grossièrement en briques et recouvert d'un enduit, puis graissé. Pour la forme, on utilise un gabarit qui pivote autour d'un axe vertical. Avec un second gabarit, on fait une sorte de second moule qui occupe le volume final de la cloche.

 

Après un nouveau graissage, on monte le moule extérieur. Quand tout est sec, on soulève le moule extérieur et on casse le second avant de remettre le moule en place. Mais le métal en fusion fera exploser le moule extérieur. C'est pour cela que les moules sont dans une fosse, que l'on remplit de sable pour empêcher le moule extérieur de casser»

 

  Les cloches les plus célèbres au monde !

 

 Photo AXEL  (BIG BEN)

Si le Maître saintier jouissait d’une grande renommée (certains avaient droit au port de l’épée), d’autres n’auraient pas hésité à profiter de ces chantiers pour y exercer quelques filouteries ainsi qu’en témoigne cette autre recommandation :

 

« Il faut toujours peser la cloche avant d’estre fondue et après qu’elle l’a été et surtout la faire fondre auprès de l’église ou de la maison curiale… »

 

On peut effectivement penser que lors de cette opération, la quantité initiale de métal diminue mais certains fondeurs moins scrupuleux en auraient-ils, à l’occasion, profité pour détourner quelques centaines de livres du précieux métal et pour d’autres usages ?

 

 

                      Armoirie de la ville de MORLAIX

Des traces d’un fondeur à Morlaix.  

Le Sr Guillaume qui fondit la cloche de Mauron n’était certainement pas de ces gens là. On retrouve la trace d’un fondeur nommé Jean François Guillaume à Morlaix en 1777 sources

AD 29 Guilers BMS

 

« Il est payé a Jean François Guillaume, fondeur à Morlaix, 150 livres pour façon d’une cloche (le métal revient à 35 sous la livre) »

  

S’agit-il du même personnage voire de la même famille? Morlaix n’est pas si loin !

 

On peut penser que notre cloche de Mauron fût offerte par ces parrain et marraine, Messire D’Andigné de la Châsse et Noble Dame Anne Le Guenec de Treveran.

 

La signature du procureur fiscal Vétil peut aussi laisser croire à une participation financière des paroissiens. Dès le XIII ème siècle les habitants contribuaient souvent à l’entretien d’une partie de leur église. Une taille fut alors certainement levée afin de financer ces travaux.

 

Cette cérémonie officielle sur le parvis de l’église de Mauron le 26 septembre 1764 et l’animation qui devait y régner depuis le 14 juin de la même année, jour de la coulée du métal en fusion témoigne de l’importance de l’événement.

 

 

  Moins imposant que BIG-BEN, mais beaucoup de charme, un clocher en bord de mer.

J’aime à imaginer la forge installée prés du clocher, la gouaille des forgerons couverte par le sifflement rauque de leurs soufflets, l’odeur acre de la fonte en fusion crépitante venant lentement remplir le moule. Les longues semaines d’attente nécessaires au refroidissement et au démoulage. Ecoutez braves gens, dans les crissements de cordages et de poulies, l’effort des hommes hissant à grands coups de « han … han » les dix huit cent livres de fonte jusqu’au sommet de leur clocher.

 

 Yannick LENOUVEL adh : 0311

 

 Un grand merci à M. LENOUVEL, qui nous a fait partager sa passion (la généalogie) en nous content cette belle histoire.

(recherche photos Jean-Yves ROLLAND)

SI VOUS AUSSI AVEZ UNE BELLE HISTOIRE QUI VOUS TIENT A COEUR A NOUS CONTER N'HESITEZ PAS A ME CONTACTER, SUIVEZ L'EXEMPLE...

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